Les entreprises françaises face à Echelon

 

Affaire Gemplus : un pillage technologique ?

Ce serait la main du "capitalisme sauvage" plus que le gant des services secrets

Marie-Claude Beaudeau, sénatrice du Parti communiste, a récemment demandé l'ouverture d'une enquête parlementaire sur l'avenir de Gemplus, le fleuron technologique français, leader mondial de la carte à puce. (voir notre article). Axel Mandl, le Chief Executive Officer (PDG) de Gemplus International, ayant des relations étroites avec le monde du renseignement américain, la sénatrice, comme d'autres, s'inquiète d'une éventuelle perte de contrôle sur "les brevets français". Mais le coeur de "l'affaire Gemplus" semble plus à chercher du côté des suppressions d'emploi et de l'évasion fiscale.

"Tout cela a commencé avec les plans de licenciements. C'est comme cela que nous avons été amenés à nous pencher sur l'aspect fuite de technologie", explique la sénatrice communiste.

Gemplus, dont le fonds d'investissement américain Texas Pacific Group a pris le contrôle en 2000, a mis en place deux plans sociaux (2200 emplois, dont 800 en France). Un troisième plan serait en route, prévoyant 320 nouveaux licenciements.

Depuis août 2002 le leader mondial de la carte à puces est dirigé par Alex Mandl, qui est aussi administrateur d'In-Q-Tel, un fonds d'investissement privé intégralement financé par la CIA.

Peu de brevets stratéqiques

Interrogé sur le risque d'une fuite des brevets, un observateur du marché, qui requiert l'anonymat, reste prudent : "La démarche souverainiste m'amuse un peu. Il faut savoir que Gemplus produit bien plus de cartes bas de gamme comme des cartes téléphoniques ou des cartes SIM pour les portables que de cartes hyper sécurisées. De plus, bon nombre de brevets importants étaient aux mains de Bull CP8 et non pas de Gemplus."

Par contre, au sujet des soupçons d'irrégularités dans la gestion de Gemplus, l'observateur affirme : "Tout le monde sait qu'il y a eu des malversations". Marie-Claude Beaudeau avait déjà plusieurs fois attiré l'attention des sénateurs sur les allégations d'évasion fiscale attribuées à la société Gemplus.

Pour notre interlocuteur, l'affaire Gemplus serait l'illustration de dérives classiques, plutôt qu'une mise en cause directe de l'indépendance technologique de la France : "Soyons pragmatiques... Tout cela n'est qu'une bête application du capitalisme sauvage : une boîte fait des erreurs de gestion ou des malversations, il y a de l'évasion fiscale -pardon, de l'optimisation fiscale-, elle périclite. Il y a des plans de licenciements, une reprise par une société étrangère. Rien que de très banal... On peut y ajouter le fait que la technologie s'envole vers d'autres cieux, mais je ne suis pas certain que cela soit le plus important."

Manipulation à l'ancienne

Déjà en 2002, peu avant le Conseil d'administration qui avait marqué le départ du fondateur Marc Lassus, quelques personnes avaient volontairement poussé des journalistes à se focaliser sur le problème des brevets. Cette tentative de manipulation rappelle aux spécialistes la Maskirovka, une technique similaire chère aux employés des services soviétiques du KGB, qui consiste à créer un écran de fumée pour attirer l'attention et servir de paravent à une autre action. Aujourd'hui, on évoque une main-mise de la CIA et de la NSA, les deux principales agences de renseignement américaines.

Il existe un précédent : Certplus, le leader français de la certification, racheté par Verisign, un grand groupe lui aussi proche des services secrets américains. Mais là encore, Certplus était sur un marché, l'authentification des parties dans un environnement électronique (notamment pour la conclusion de contrats en ligne), assez peu rentable. "L'intérêt n'est pas tant dans la technologie que l'on achète ou les backdoors (porte dérobées dans les logiciels sécurisés, NDLR) que l'on pourrait placer, mais dans le contenu des bases de données", précise notre spécialiste de ce marché. Les listes de fichiers, notamment de clients, sont en effet un enjeu pour le renseignement économique.

Quoi qu'il en soit, la Commission des finances du Sénat nommera prochainement un rapporteur. Il appartiendra ensuite aux présidents de commissions de déterminer si l'enquête parlementaire sur Gemplus doit être ouverte ou non.

Le fait que le Tribunal de commerce ait été saisi le 10 mars 2003 par le comité d'entreprise de Gemplus pour examiner d'éventuelles erreurs de gestion risque de peser sur la décision. En effet, il est fréquent que le Parlement attende la fin des procédures judiciaires avant de se lancer lui-même dans une enquête.

Source: Transfert (29/04/2003)

 

Les sénateurs communistes demandent une enquête parlementaire sur Gemplus

La nouvelle direction du fleuron français de la carte à puce soupçonnée de liens avec la CIA et la NSA

Le groupe des sénateurs communistes a demandé, le 16 avril dernier, l'ouverture d'une enquête parlementaire sur l'avenir de la société française Gemplus, premier fabriquant mondial de cartes à puce, après sa prise de contrôle par des fonds d'investissement américains soupçonnés de liens avec la NSA et la CIA.

Gemplus est dirigée, depuis août 2002, par Alex Mandl, un Américain "dont les liens avec la CIA sont avérés", accusent les élus communistes. Mandl est en effet administrateur d'In-Q-Tel, un fond d'investissement privé intégralement financé par la CIA, créé en 1999.

"Convoitise américaine"

Pour étayer sa requête, la sénatrice PC Marie-Claude Beaudeau, à l'origine de la demande d'enquête, souligne que les technologies dont dispose Gemplus "ouvrent des possibilités d'application (...) en matière de sécurisation de documents - comme les cartes d'identité et les comptes bancaires - dans le domaine stratégique du renseignement militaire".

Des compétences qui, aux termes de la demande d'ouverture d'enquête parlementaire, pourraient expliquer "une convoitise américaine sur Gemplus" a fortiori "avec le renforcement de la doctrine de sécurité économique des Etats-Unis après les attentats du 11 septembre 2001".

Alex Mandl a été nommé à la direction de Gemplus après le rachat de 26 % des parts de la société en 2000 par le fond de pension américain Texas Pacific Group, moyennant un investissement de 558 millions de dollars.

Depuis, la nouvelle direction a mis en place deux plans sociaux qui ont abouti à la suppression de 2200 emplois, dont plus de 800 en France. Un troisième plan serait en route, prévoyant 320 nouveaux licenciements.

Les sénateurs communistes s'élèvent contre "le caractère douteux de la gestion [de Gemplus]". Ils rappellent que le comité d'entreprise de la société a récemment demandé une expertise de gestion au tribunal de commerce de Marseille.

Le 2 avril dernier, cette juridiction a désigné deux experts-comptables qui devront rendre un rapport sur les opérations de gestions réalisées au cours des cinq dernières années.

Marie-Claude Beaudeau avait déjà plusieurs fois attiré l'attention des sénateurs sur les allégations d'évasion fiscale attribuées à la société Gemplus.

Source: Transfert (24/04/2003)

 

Société Gemplus-SA et avenir en France des technologies de cryptographie et des cartes à puce

N° 261

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2002-2003

Rattaché pour ordre au procès-verbal de la séance du 10 avril 2003

Enregistré à la Présidence du Sénat le 16 avril 2003

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

tendant à la création d'une commission d'enquête sur la gestion depuis 1998 de la société Gemplus-Sa et sur l'avenir de la maîtrise et du développement en France des technologies de la cryptographie et des cartes à puce après la prise de contrôle de cette entreprise par des fonds d'investissement américains soupçonnés d'être étroitement liés à la CIA et à la NSA,

PRÉSENTÉE

par Mme Marie-Claude BEAUDEAU, MM. Robert BRET, François AUTAIN, Jean-Yves AUTEXIER, Mme Marie-France BEAUFILS, M. Pierre BIARNÈS, Mmes Danielle BIDARD-REYDET, Nicole BORVO, M. Yves COQUELLE, Mmes Annie DAVID, Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, MM. Guy FISCHER, Thierry FOUCAUD, Gérard LE CAM, Paul LORIDANT, Mmes Hélène LUC, Josiane MATHON, MM. Roland MUZEAU, Jack RALITE, Ivan RENAR, Mme Odette TERRADE et M. Paul VERGES,

Sénateurs.

(Renvoyée à la commission des Finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation, et pour avis à la commission des Lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale en application de l'article 11, alinéa I du Règlement).

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La société d'origine française Gemplus, premier fabricant mondial de cartes à puce, connaît d'importantes difficultés économiques depuis plusieurs années.

Les plans « sociaux » se succèdent. En décembre 2002, 1 000 suppressions d'emplois ont été annoncées dont 483 sur les sites de Géménos et de la Ciotat. En 2001, 1 200 emplois avaient déjà été supprimés dont 400 en France avec la fermeture du site de Sarcelles. Il est question d'un troisième plan de suppression de 320 emplois.

D'importantes restructurations, réorganisations de filiales au plan international sont en cours. D'importantes délocalisations d'activités seraient envisagées. La perspective de démantèlement de l'entreprise, en tout cas de son implantation française d'origine, aujourd'hui regroupée dans Gemplus-SA, se précise.

Certains syndicalistes alertent sur le risque d'un scénario comparable à Metaleurop.

En effet, par-delà une dégradation conjoncturelle de l'environnement économique de l'entreprise, beaucoup d'éléments portent à croire que la situation actuelle de Gemplus résulte de graves malversations de la part des dirigeants et de certains actionnaires récents.

Les montages financiers et les restructurations capitalistiques d'une complexité inextricable se sont multipliés depuis 1999. Les législations fiscales et commerciales françaises ont été contournées notamment via des pays assimilables à des paradis fiscaux.

Citons entre autres des transferts de brevets vers des filiales étrangères à des fins d'évasion fiscale, l'utilisation d'une filiale basée à Gibraltar pour octroyer des droits de vote au Conseil d'administration puis d'importantes plus-values à deux dirigeants dont le fondateur Marc Lassus, le transfert du siège de la société en 1999 au Luxembourg.

Aujourd'hui, une opération comptable visant à faire endosser des dettes à ce qui est devenu la filiale française Gemplus-SA au bénéfice de la filiale américaine Gemplus-Corporation suscite les plus grandes inquiétudes.

Le caractère douteux de cette gestion, son opacité totale ont motivé une démarche du comité d'entreprise auprès du Tribunal de commerce de Marseille demandant l'assignation de la direction de Gemplus et une expertise de gestion. Le 2 avril 2003, ce tribunal a désigné deux experts-comptables chargés de rendre un rapport sur les opérations de gestion réalisées au cours des cinq dernières années.

Les auteurs de la résolution estiment nécessaire, parallèlement, la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion passée et présente de Gemplus-SA, malheureusement cas d'école probable de nouvelles formes, mondialisées, de délinquance financière.

Ils tiennent également à rappeler que Gemplus, à partir de sa création en 1988, a bénéficié d'aides publiques très conséquentes sous forme notamment d'exonérations d'impôt sur les bénéfices en contrepartie de son installation dans des zones de reconversion d'emplois, de crédits d'impôts divers comme de cession de terrains au franc symbolique.

Les auteurs de la résolution attirent par ailleurs l'attention sur les graves dangers d'évasion technologique qui constituent probablement la toile de fond de l'affaire Gemplus.

Des soupçons plus que sérieux sont, en effet, autorisés quant aux intentions du Fonds de pension américain, Texas Pacific Group (TPG), qui a pris le contrôle de Gemplus et du PDG, Alex MANDL, dont les liens avec la CIA, via la société InQtel sont avérés.

En tout état de cause, les menaces pesant sur Gemplus en France mettent en cause l'avenir de l'industrie française de la cryptologie et des cartes à puce, son développement ainsi que le maintien de l'avance technologique française.

Les auteurs de la résolution font remarquer que ces technologies ouvrent des possibilités d'application dans de multiples domaines notamment en matière de sécurisation de documents, comme les cartes d'identité, les comptes bancaires... en particulier dans le domaine stratégique du renseignement militaire.

Ce dernier élément pourrait expliquer, encore davantage avec le renforcement de la doctrine de sécurité économique des États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001, une convoitise américaine sur Gemplus.

En conséquence, il vous est soumis, Mesdames, Messieurs, la proposition de résolution suivante.

PROPOSITION DE RÉSOLUTION

Article unique

En application de l'article 11 du Règlement du Sénat, il est créé une commission d'enquête de vingt-et-un membres chargée d'enquêter sur les opérations de gestion de l'entreprise Gemplus-SA au cours des cinq derniers exercices fiscaux, sur l'utilisation de fonds publics par cette entreprise, ainsi que sur l'avenir de la maîtrise et du développement en France des technologies de la cryptographie et des cartes à puce après la prise de contrôle de cette entreprise par des fonds d'investissement américains soupçonnés d'être étroitement liés à la CIA et à la NSA.

Source: Sénat Français (09/10/2003)

 

Compléments sur l'affaire Dassault

Quand Outre Atlantique on prend les entreprises Françaises pour des …. Les Américains utilisent toujours les mêmes stratégies et les entreprises françaises foncent toujours dans le filet : trop facile ! Dassault en a fait l'amère expérience, cet article devrait vous faire sourire.

Il y a quelques semaines nous vous parlions de Dassault Aviation qui était accusé de corruption par les Américains sur un contrat de 3,2 milliards de dollars. Ce week-end dans le cadre de la préparation d’un livre sur l’infoguerre, nous avons revisionné le reportage de France 2 réalisé par Kuiv production sur Echelon diffusé en première partie de soirée il y à quelques semaines.

Nous évoquions le fait que les Etats-Unis justifie l’existence d’Echelon et la pratique de l’espionnage économique, du fait que les Européens soient de mauvais élèves et pratiquent la corruption.

Un détail nous avait échappé ou du moins nous n’avions pas fait le rapprochement immédiatement et je suis certain que si vous avez le courage de faire la relecture de notre article du 13 Mars, vous serez agréablement surpris et nous voyons d’ici un large sourire s’esquisser sur votre visage.

Il concerne l’affaire SIVAM A l’époque le Brésil avait lancé un appel d’offre d’une valeur de 1,4 milliards sur la fourniture de matériel permettant d’offrir la couverture radar de l’Amazonie.

Deux principaux concurrents étaient en lice : Thomson CSF et Raytheon. Thomson CSF était le mieux placé pour remporter le marché mais c’était sans compter sur Echelon « système anti-corruption ». En l’espace de quelques jours suite à une mise sous surveillance des télécommunications via les grandes oreilles (supposition : les Américains ayant sûrement découvert que CSF allait remporter le contrat), Thomson CSF se retrouve impliqué dans une histoire de corruption d’agents du gouvernement Brésilien. Or certaines clauses du contrat stipulaient que les pays impliqués dans une tentative de corruption seraient exclus de l’appel d’offre.

Conclusion : Raytheon emporte le marché. Quelques mois plus tard la presse Brésilienne démontre que Raytheon avait corrompu des officiels Brésiliens.

Maintenant réalisons un parallèle Deux principaux concurrents sont en lice dans un contrat portant sur la fourniture d’avions à la Corée du sud : Dassault aviation et Boeing

Dassault aviation est semble t’il le mieux placé d’après certaines sources pour remporter le marché : « tout le monde sait que le processus d’évaluation a placé le rafale en tête ». Mais c’était sans compter sur le « système anti-corruption » de la NSA. Car.. Depuis quelques jours, la société Dassault aviation se retrouve malgré elle accusée de corruption à travers son correspondant local. Selon les termes du contrat comme d’habitude, le vainqueur peut perdre tout ou partie du marché s’il est convaincu de corruption.

Conclusion : nous ne souhaitons pas donner une conclusion hâtive mais selon nos pronostics…veuillez vous reporter 10 lignes au-dessus.

Comme par hasard, cela se situe généralement dans des pays pro-Américains : Pour le Brésil nul besoin de vous faire une carte du monde et pour la Corée du sud nul besoin de vous expliquer les liens historiques. Par contre je vous encourage à rechercher les stations d'écoutes présentes au Brésil et en Corée du sud (celles-ci ne font pas partie du pacte UKUSA mais font tout de même partie du réseau d’interception Echelon).

Néanmoins comme nous avons pu le constater, Dassault a très peu réagi par rapport à cette histoire (démenti officiel classique…). Cela prouve aussi que certaines entreprises n’ont pas intégrées entièrement le processus complet d’intelligence économique et de contre-intelligence. Je n’ai pas de conseil a donner mais si un responsable de Dassault lis cet article : il serait peut être utile pour Dassault de réaliser une comparaison des 2 affaires, appréhender la façon dont Thales a intégrer ceci dans sa mémoire d’entreprise et penser à réaliser un benchmarking des stratégies (qu’ils ont sûrement élaborés) à mettre en place... Je pense que des coopérations comme celles-ci ne peuvent être que bénéfiques face à une concurrence...déloyale ?.

Source: Guerreco (25/03/2002)

 

Le Rafale en terrain miné en Corée du Sud

Perquisitions, intimidations, pugilat publicitaire... Pour Dassault, le suspense autour de la commande de quarante avions de chasse par l'armée de l'air sud-coréenne tourne au western. Après la mise en cause, mi-mars, de son agent local soupçonné d'avoir versé un pot-de-vin de 7 000 dollars (8 000 euros) à un colonel incarcéré depuis (Libération du14 mars), l'avionneur français qui tente d'imposer son Rafale a subi vendredi les foudres de la sécurité militaire. Une vingtaine d'inspecteurs, munis d'un mandat dans le cadre d'une enquête sur la fuite de secrets défense, ont perquisitionné les bureaux de son agence de relations publiques locale, Alfred Communication, et tout embarqué sans explication : ordinateurs, CD-Roms, dossiers, etc.

Transparence

«On veut nous bâillonner, s'énerve Yves Robins, vice-président de Dassault. Nos employés sont terrorisés. Tous les moyens sont bons pour empêcher le déroulement du processus de façon transparente comme le gouvernement l'avait promis.» Dimanche, la firme a demandé «fermement» le retour du matériel saisi, indispensable à sa communication à la veille d'une semaine décisive. En théorie, le ministère de la Défense sud-coréen doit annoncer d'ici au 29 mars le résultat de son audit des quatre appareils en lice (le Rafale, le F15 de Boeing, le Typhoon d'Eurofighter (1) et le Sukhoi russe). Avec, à la clé, un contrat d'environ 4 milliards de dollars (4,56 milliards d'euros). Les accusations de Dassault visent les partisans de Boeing, dont le F15 est le concurrent le plus sérieux pour d'évidentes raisons politiques : liés à la Corée du Sud par un pacte de sécurité, les ...tats-Unis y ont 37 000 hommes stationnés. Le coup porté à son agence de communication intervient moins de deux semaines après l'affaire dite du pot-de-vin, et alors que Boeing mène une offensive médiatique tous azimuts.

Le camp tricolore fait aussi remarquer que les malheurs du Rafale ont débuté fin février, juste après la visite à Séoul du président Bush venu y faire l'éloge de l'alliance entre les deux pays face à la Corée du Nord. Chez Boeing, on qualifie de «paranoïaque» cette théorie du complot : «Nous-même avons fait l'objet d'enquêtes», répond un de ses porte-parole, sans préciser que celles-ci en sont restées au stade administratif. Or, l'enquête lancée contre Dassault est, elle, beaucoup plus musclée : «Ce genre de descente rappelle les méthodes barbouzes des années de dictature, confie Kong Hyun Kung, patron de la boîte de communication perquisitionnée. Le Rafale gêne. La compétition vire au duel sans merci.» De fait, ajoute Yves Robins, «personne, côté coréen, n'a démenti les affirmations de la presse locale selon lesquelles l'offre Rafale est non seulement moins chère que le F15, mais, en plus, supérieure dans toutes les catégories retenues pour l'audit».

Forcing

En attendant, le terrain paraît bien miné : «Les militaires acquis à la cause de Boeing font un forcing d'enfer. Ce contrat est en train de mettre le feu au ministère coréen de la Défense», commente un pro che du dossier. Le zèle de la sécurité militaire trahirait une sourde bataille entre fonctionnaires du ministère et généraux de l'armée de l'air, présumés favorables au Rafale: «Les aviateurs savent que s'ils veulent acquérir du poids par rapport aux Américains, c'est maintenant ou jamais, commente-t-on chez Dassault, pour qui la Corée serait le premier client étranger du Rafale. En achetant notre appareil, la Corée montre aux Etats-Unis qu'elle peut leur tenir tête et qu'ils ont intérêt, pour les autres acquisitions d'armement prévues (hélicoptère, missiles...), à lui offrir leur matériel le plus performant. Ce qui n'est pas toujours le cas.» Sauf que, dans la péninsule la plus militarisée du monde, l'Amérique de Boeing y joue aussi, troupes à l'appui, le rôle du shérif. Avec les conséquences que l'on imagine....

Source: Liberation (25/03/2002)

 

Les F-15 tirent plus vite que les rafales

L'avionneur français Dassault Aviation pourrait perdre un contrat de plusieurs milliards de dollars en Corée du Sud car son agent local serait impliqué dans une affaire de corruption. (selon les termes de l'appel d'offres, le vainqueur peut perdre tout ou partie de son contrat s'il est convaincu de corruption) MAIS cette vision simpliste ne satisfait pas l'équipe guerreco.

Avec son Rafale, Dassault Aviation est en concurrence avec l'Américain Boeing et son F-15, le Russe Sukhoï et son Su-35 et le consortium européen Eurofighter avec son Typhon pour la fourniture de 40 chasseurs à l'armée de l'air sud-coréenne d'ici 2008 pour un contrat de 3,2 milliards de dollars (3,62 milliards d'euros).

Le quotidien ''JoongAng Ilbo'' et d'autres médias affirment qu’un colonel, identifié simplement par son prénom Cho, a reçu de l'argent pour ses ''conseils'' sur le prix et d'autres critères entrant dans le mode de sélection de l'appel d'offre. Tous les médias ont cité des sources proches de l'enquête militaire.

La société Dassault aviation quand a elle, nie toute implication dans un processus de corruption de ce colonel Coréen. Un porte-parole de Dassault affirmait d’ailleurs le 12 Mars " tout le monde sait que le processus d'évaluation a placé le Rafale en tête. Nous craignons qu'il y ait une manipulation initiée par des personnes gênées de voir le Rafale être de meilleure qualité."

On a également rapporté que des responsables de la défense favorisaient le produit des USA en raison de l'alliance militaire étroite entre Séoul et Washington. La semaine dernière, certains législateurs accusaient le gouvernement Coréen de succomber à la pression politique de Washington afin de porter leur choix sur le F-15.

Plusieurs éléments sont ici a prendre en compte :

1. Lors de sa visite en Corée du 19 au 21 Février, le président George W. Bush avait sollicité son homologue coréen pour qu’il achète une centaine d’avions de combat américains F-15. Cette information aurait été confirmée par une source coréenne à Washington. Selon certaines sources, la demande des avions F-15 est en baisse continuelle depuis que Washington a équipé son armée de l’Air des avions furtifs Stealth. Par conséquent, il était possible que les Etats-Unis cessent la production de leurs F-15…

2. Au début du mois de mars, Cho était apparu le visage masqué sur la chaîne MBC-TV accusant les hauts responsables du ministère de la Défense de faire pression sur son équipe d'essais en vol pour qu'elle change ses méthodes d'évaluation en faveur de Boeing. Il affirmait alors que le Rafale devançait ses concurrents lors des essais en vol. La semaine dernière, le ministre de la Défense Kim Dong-shin avait démenti toute pression en faveur de Boeing.

3.On ne peut que s'extasier devant la générosité des Français qui aurait corrompu un colonel Coréen pour la somme dérisoire de 9508 euros sur un contrat global avoisinant les 3.62 milliards d'euros (si j'ai bien compris avec un petit crédit, je peux donc facilement remporter un contrat de plusieurs milliards d'euros ?)

4.Dans un contexte tel que la guerre en afghanistan et la lutte contre le terrorisme, l’on sait que les Américains souhaitent renforcer le contrôle des télécommunications. Cet exemple de corruption (aucune preuve tangible…) pourrait à l’avenir leur permettre de justifier l’existence d’un système comme Echelon : la lutte contre la corruption. Je vous rappelle que c’est d’ailleurs la réponse officielle qui a toujours été donnée aux pays alliés en réponse aux accusations d’espionnage économique, ceci afin de justifier l’existence d’un tel système d’interception à l’heure actuelle.

Source: Guerreco (13/03/2002)

 

Pourquoi l'affaire Echelon embarrasse Thomson-CSF

Présumé victime d'Echelon pour avoir été espionné au profit d'intérêts américains, le groupe français d'électronique de défense Thomson-CSF ne désire pas prendre position sur le sujet. Et pour cause : Raytheon Corporation, la société américaine qui a profité de cet espionnage lors d'un contrat au Brésil en 1994, est en discussion avec le groupe français pour d'éventuels rapprochements, notamment dans le domaine des radars.

Le rapport écrit par Duncan Campbell en 1999 cite en effet l'affaire Thomson-Raytheon comme l'une des preuves que la National Security Agency (NSA) a utilisé Echelon à des fins d'espionnage économique. Le journal Independent on Sunday du 2 juillet 2000 revient sur l'affaire et cite d'autres cas jusqu'ici ignorés.

L'affaire Thomson-Raytheon débute en 1994, alors que l'État brésilien boucle un appel d'offres visant à mettre sur pieds le projet Sivam, un réseau de satellites équipés de radars pour surveiller la forêt amazonienne. Or l'interception de conversations téléphoniques entre des cadres de Thomson-CSF et des officiels brésiliens auraient révélé des tentatives de corruption des Français. Assez pour faire pencher la balance du côté de Raytheon, qui remportera ce contrat estimé à 1,3 milliard de dollars.

Raytheon et Thomson partenaires

« Nous n'avons pas l'intention de rentrer dans le débat sur cette affaire Echelon, explique à ZDNet une porte-parole de Thomson-CSF. Concernant Raytheon, il s'agit de l'un de nos partenaires en effet. Et nous discutons avec eux, en vue d'éventuels rapprochements dans de nombreux domaines, comme nous discutons avec d'autres partenaires. Rien de précis pour l'instant. »

Au cours de la seule année 1998, Thomson-CSF et Raytheon se sont alliés pour remporter trois contrats : équipements radio pour la Royal Air Force, sonars pour l'US Navy et radars pour l'armée helvétique. Début 1999, la branche CSF de Thomson a fusionné avec Dassault Électronique pour devenir le fleuron tricolore en matière d'électronique de défense.

Le « rapprochement » avec Raytheon est évoqué par le P-DG de Thomson-CSF, Denis Ranque, dans un entretien publié dans Monde du 3 février 2000. Et fin juin, la revue confidentielle Defense News s'est montrée plus précise : citant des sources proche de Raytheon, elle évoque la création d'une joint-venture dans les radars hautement stratégiques. Une annonce qui doit être officialisée lors du salon aéronautique de Farnborough, au Royaume-Uni, du 24 au 30 juillet prochain, ajoutait Defense News.

Raytheon fournisseur d'Echelon

L'embarras du groupe français ne s'arrête pas là. Le rapport Campbell précise aussi que Raytheon est l'un des contractants de la NSA. « Raytheon fournit des services de maintenance et d'ingénierie pour la station d'interception des satellites d'Echelon installée par la NSA à Sugar Grove (en Virginie) ».

Le rôle important joué par les Britanniques au sein d'Echelon ajoute encore un zeste de piment à cette affaire. Depuis le début de l'année, un certain Lord Roger Norman Freeman, 57 ans, fait partie du conseil d'administration de Thomson-CSF. Et ce, suite au rachat d'une société de défense d'Irlande du Nord qu'il dirigeait, Short Missile Systems. Or la notice biographique de Lord Roger précise qu'il était « ministre Defence procurement du gouvernement britannique entre 1994 et 1995 ». Le fait que ce haut fonctionnaire de Sa Majesté occupait ce poste au moment de l'affaire Sivam reste bien entendu pure coïncidence.

Source: ZDnet (14/07/2000)