Les balbutiements du cyber-hackyivisme politique

 

Grève ou anti-grève: la mobilisation via Internet, ca marche!

Et encore mieux que prévu. Entre 18 000 et... 100 000 personnes (?) ont manifesté ce dimanche au Châtelet. Organisateurs, forces de l'ordre, tous ont été surpris!

En moins de 15 jours, plus de 20 000 personnes ont pu partager, communiquer pour réagir et agir. Et cela sans moyens, si ce n'est un site Internet monté en toute hâte.

Le virtuel au service du réel

Pour faire suite à un modeste billet d'humeur (mauvaise) de la semaine dernière sur "les usagers usés", je suis ravi de constater qu'Internet est devenu le moyen de communication et d'échange le plus efficace.

A l'époque de la bulle, on aurait dit pour créer ou rassembler une communauté. Et quelle communauté! Des gens qui ne manifestent pas habituellement, ceux dont on ne parle pas, ceux qui agissent plus qu'ils ne s'agitent. Alors, remettons un coup de projecteur sur le site www.la-France-qui-bosse.com . Le site a moins de 20 jours. L'information y coule à flots, les internautes y sont légions. Mieux, ils choisissent eux aussi de se rassembler physiquement!... Alors, les "on pourra pas changer ça", ou les "on pourra pas tout réformer", ou encore les "on ne sortira des petits intérêts indivualistes"… vous avez du soucis à vous faire.

Internet peut radicalement changer la donne pour devenir un instrument réel, actif de la démocratie.

Certains l'ont d'ailleurs interprété à leur manière, abrupte: cf. l'affaire du site www.greglemillionnaire.com piraté par Arlette...

Les bonnes nouvelles sont rares; alors quand on rencontre un projet mené très rapidement qui donne des résultats, pourquoi ne pas en tirer les leçons?

Source: Silicon (18/06/2003)

 

Des internautes anti-grève dans la rue

Plusieurs mouvements de droite à l'initiative de la manifestation de dimanche ont vu débarquer un nombre inhabituel de manifestants à Paris. Le résultat d'une campagne réussie sur Internet.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont soutenu le gouvernement, en pleine crise sociale : la manifestation anti-grève de dimanche a étonné par son ampleur. Une mobilisation qui, au-delà des choix politiques, s'explique en grande partie, selon ses promoteurs, par l'impact du site web Stoplagreve.com .

Les chiffres sont étonnants pour une manifestation spontanée, menée sans cars ni trains venant de province : 18 000 manifestants selon la police, 30 000 voire 150 000 selon les plus optimistes des organisateurs. Emanations de l'UNI, syndicat étudiant de droite, les Stoplagreve.com et autres Jeunes pour la réforme des retraites (collectif de jeunes militants) ont semblé dépassés par l'ampleur de l'événement, selon l'AFP.

8 500 personnes inscrites sur le site

Pourtant, malgré une mise en ligne il y a un peu moins de trois semaines, 8 500 personnes se sont inscrites sur leur site. Des particuliers qui ont ensuite continué à se mobiliser. « Nous avons constaté très peu de déperdition entre notre liste et les gens qui étaient sur place à la manifestation, explique Olivier Vial, un des responsables du collectif Jeunes pour la réforme des retraites et un des initiateurs du site. Le forum a beaucoup aidé. Certains l'ont utilisé pour se donner rendez-vous à la manifestation. »

Nouveaux sur Internet, ces mouvements se sont contentés d'un site au design très simple. D'où des frais présentés comme très limités puisque le mailing courrier a aussi été économisé. Les dépenses sont plutôt à chercher du côté de la promotion du site. Des autocollants et des affiches Stoplagreve.com ont été très généreusement dispersés à travers Paris.

Mais l'initiative la plus réussie aura sans doute été celle des cartes postales électroniques détournant des slogans de la RATP, de La Poste, des affiches de film... « Elles ont très bien marché les jours de grève, en permettant de faire connaître le site, estime Olivier Vial. Après avoir dû marcher deux heures pour aller travailler, on a envie d'envoyer une de ces cartes à un de ses amis » .

Des messages qui, du « un gros con ? » au « syndicat nuisible » , jouent toutefois plus souvent avec l'énervement des usagers que sur la finesse. La tactique a bien fonctionné.

Source: 01 Net (16/06/2003)

 

TF1.fr se fait pirater par Arlette Laguiller...

En tapant greglemillionnaire.com, du nom de l'émission de la chaîne, on est tombé sur le site de...Lutte Ouvrière

L'information était exacte... Alors, le parti d'extrême gauche Lutte Ouvrière (LO) s'est-il lancé dans une campagne anti-TF1 via son site Web? Ou est-ce une opération ciblée de hackers subversifs? On peut le croire.

Cette émission de 'real TV', qui a commencé la semaine dernière, met en scène un faux millionnaire devant choisir "la femme de sa vie" entre une vingtaine de naïades qui évidemment ne savent que dans la vraie vie, le Greg est en fait maçon...

Mais tous les internautes qui taperaient le nom de l'émission dans leur navigateur auront un autre point de vue... Jusqu'à ce que TF1 s'en aperçoive. Ce qui n'était toujours pas le cas, ce dimanche soir.

Car il existe bien une adresse qui renvoie au site de la chaîne. Il s'agit de www.greglemillionaire.com. Même adresse? Non, ils ont juste oublié un "n" à millionnaire!

Source: Silicon (13/06/2003)

 

FO attaque la Droite libre sur le fond

Le syndicat attaque, au pénal, l'association politique (proche de l'UMP) qui avait appelé au blocage des messageries des responsables de Force ouvrière. La Droite libre risque 45000 euros d'amende et ses dirigeants trois ans d'emprisonnement.

Force Ouvrière a introduit mercredi 4 juin, auprès du tribunal de grand instance de Paris, une procédure sur le fond à l'encontre du mouvement politique la Droite libre. Ce courant minoritaire de l'UMP avait appelé en mai dernier, lors des premières grèves nationales, au blocage des boîtes e-mails des syndicats dont celles de FO.

Cet appel a été entendu par les sympathisants, puisque les quinze principaux responsables de l'organisation syndicale, c'est-à-dire l'ensemble du bureau confédéral, ont vu leur messagerie saturée. À commencer par celle de Marc Blondel qui aurait reçu plus de 220000 messages, selon FO.

«Nous n'acceptons pas que l'on entrave ainsi l'exercice de notre métier, qui consiste notamment à communiquer avec nos militants. Et pour cela internet est devenu essentiel», explique à ZDNet Roland Houp, trésorier du syndicat.

Concrètement, la fédération attaque la Droite libre pour "entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données"; un délit susceptible d'être puni de trois ans d'emprisonnement et 45000 euros d'amende, comme le prévoit l'article 323-2 du code pénal.

«Nous voulons juste que le tribunal se prononce sur cette affaire et ne réclamons qu'un euro symbolique», conclut Roland Houp.

Droit de grève contre droit économique

À la Droite libre, on indique ne pas encore avoir été informé de cette procédure, mais on accueille «la perspective avec sérénité». «Nous allons pouvoir débattre du fond du problème, qui est de savoir s'il est plus grave de bloquer des boîtes e-mails ou l'économie de la France», a déclaré à ZDNet Rachid Kaci, responsable de la Droite libre.

«Il est absurde de mettre sur un même plan un délit avéré, celui de bloquer les messageries, et un droit constitutionnel, celui du droit de grève, dont on peut cependant estimer, selon les cas, qu'il y a eu abus», commente pour ZDNet explique Olivier Iteanu, avocat au barreau de Paris spécialisé dans les affaires liées à l'internet. Selon lui, cette procédure devrait prendre environ six mois.

Rappelons que l'association la Droite libre a déjà été condamnée le 26 mai, en référé, par le tribunal de grande instance de Paris pour la même affaire. Elle devra verser 3600 euros au Syndicat national des enseignements de second degré (Snes), à la Fédération syndicale unitaire (FSU) et à l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa). FO n'avait alors pas participé à cette plainte commune.

Contacté par ZDNet, ces trois syndicats nous ont indiqué ne pas avoir décidé pour l'instant d'engager une procédure sur le fond.

Source: ZDNet (06/06/2003)

 

La manifestation électronique : illicite ou non?

Un mouvement politique proche de l'UMP, La droite libre, est passé à l'action contre les syndicats et la grève, le 14 mai dernier, en mettant en œuvre une nouvelle forme d'expression virtuelle, la manifestation électronique. Le mouvement a appelé ses membres à exprimer leur opposition aux grèves en leur demandant d'adresser par email un texte type, à caractère politique, aux principales organisations syndicales et à leurs responsables. Pour ce faire, la Droite Libre avait bien fait les choses en adressant elle-même, par voie électronique, les adresses emails des destinataires. Le slogan de cette manifestation était : "Ils bloquent la France, nous bloquons leurs boîtes mails !". Et, de fait, il en a résulté un blocage des boîtes aux lettres électroniques de certains destinataires.

Trois syndicats d'enseignants (le Snes, la FSU et l'Unsa) ont décidé de répliquer sur le terrain judiciaire en assignant La droite libre. Cette assignation a été délivrée en référé, c'est à dire sur le fondement de l'article 873 du Code de procédure civile, qui permet au Juge de prescrire toutes mesures visant à faire cesser un trouble manifestement illicite et à attribuer, dans certains cas, des dommages-intérêts par provision.

Dans une ordonnance du 26 mai dernier, le Tribunal de grande Instance de Paris a donné raison aux syndicats, condamnant La droite libre à verser à chacun 400 euros à titre de dommages-intérêts. Le Tribunal a retenu l'"intention malicieuse" de La droite libre et le trouble manifestement illicite constitué par le blocage des boîtes aux lettres électroniques.

Que penser de cette décision ? La manifestation était-elle licite au regard de la réglementation du spamming ? Pouvait-elle porter atteinte sans coup férir aux différents systèmes informatiques des syndicats du point de vue du droit pénal ? La responsabilité civile de La droite libre peut-elle être engagée ? Autant de pistes de réflexion ouvertes avant un éventuel débat au fond.

1 - La question du spamming

Le terme "spamming" fait désormais partie intégrante du paysage de l'Internet. Mais son usage est parfois quelque peu galvaudé, de sorte qu'il convient d'en rappeler la définition. Si la définition du spamming n'est pas uniforme, dans son 20e rapport d'activité, pour l'année 1999 (paru le 5 juillet 2000) la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) a proposé de le définir comme l'"envoi massif de courrier électronique non sollicité, le plus souvent à caractère commercial, à des personnes avec lesquelles l'expéditeur n'a jamais eu de contacts et dont il a capté l'adresse électronique dans des espaces publics d'internet."

Si l'on s'en tient à cette définition, au moins deux éléments permettent d'écarter la qualification de spamming dans l'hypothèse qui nous intéresse. En premier lieu, le message adressé aux organisations syndicales par les internautes n'avait pas de caractère commercial. Nulle offre de produit ou de service ; nulle publicité ; nulle promotion. Seul un message politique. Un des élément de la définition faisait donc défaut. En second lieu, le spamming, comme le souligne la CNIL, est adressé par une seule personne à plusieurs milliers de personnes. Or, en l'occurrence, c'est exactement l'inverse qui s'est produit, puisque plusieurs milliers de personnes ont chacune adressé un seul email à une seule personne (ou à un petit nombre de personnes). Un second élément fait donc défaut.

Pour ces deux raisons la définition de spamming s'applique assez mal à la pratique de la manifestation électronique telle que mise en place par La droite libre…

2. La question de l'entrave à un système informatique

Au regard de la loi du 5 janvier 1988, dite loi Godfrain, la pratique de la manifestation électronique est plus critiquable. L'article 323-2 du Code pénal, introduit par cette loi, sanctionne en effet le délit d'entrave à un système informatique. Cet article dispose : "[l]e fait d'entraver ou de fausser le fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende."

Cette disposition avait notamment servi de fondement à la condamnation de personnes ayant organisé l'envoi massif de requêtes à un système informatique, ralentissant ainsi la capacité des serveurs (Paris 5 avril 1994). Il n'en demeure pas moins qu'en matière pénale, deux éléments doivent être normalement réunis pour que le délit soit constitué :

- l'élément matériel : avoir en effet entravé ou faussé le fonctionnement d'un système ;

- l'élément intentionnel : la volonté de commettre l'acte répréhensible.

En l'espèce, la discussion est permise concernant les deux éléments. Pour ce qui concerne l'élément matériel, la question se pose de savoir si La droite libre a réellement entravé ou faussé le fonctionnement du système informatique des syndicats. Certaines boîtes aux lettres électroniques ont bien été bloquées, ce qui est de nature à constituer l'élément matériel. Toutefois, il semble acquis que le blocage n'a pas résulté de la seule action de La droite libre, dont l'équipement informatique ne permettait pas de fausser à elle seule, un système informatique. C'est le concours des membres de La droite libre et, plus généralement, des internautes qui se sont reconnus dans cette manifestation électronique et y ont spontanément participé qui a engendré le blocage du système. L'éventuel élément matériel n'a pu dès lors être constitué que par le concours d'un très grand nombre d'individus.

Dans ce schéma, La droite libre n'est pas l'auteur de l'infraction, ce sont tous les internautes qui en sont les auteurs (ou coauteurs) ! La droite libre pourrait quant à elle, en être le complice pour en avoir provoqué la commission et donné les instructions en ce sens, conformément à l'article L. 121-7 du Code pénal. Est en effet complice, au sens de ce texte, "la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou de pouvoir aura provoqué une infraction ou donné des instructions pour la commettre." Comme on le voit, la discussion est donc permise.

Pour ce qui concerne l'élément intentionnel, il en est de même. Si l'on s'en tient au slogan de la manifestation ("Bloquons leurs boîtes mails"), l'intention de La droite libre d'entraver le système informatique des syndicats est difficilement contestable. Mais, au delà de ce slogan, la motivation des internautes qui ont adressé les milliers d'emails était-elle de nuire aux syndicats ou, plutôt, d'exprimer en masse leur désapprobation ? Il est possible de pencher pour cette dernière hypothèse.

Dès lors, l'intention coupable de commettre un délit d'entrave à un système informatique ferait défaut. L'entrave serait simplement la conséquence de l'expression à grande échelle d'une opinion… défendue par le principe constitutionnel de la liberté d'expression. Mais cette interprétation est contestable compte tenu de l'intention avérée de La droite libre.

3 - La question de la responsabilité civile de La droite libre

En retenant l'intention malicieuse pour justifier la condamnation de La droite libre dans la présente affaire, on peut se demander si, avant tout débat au fond, le juge ne s'est pas placé implicitement sur le fondement général de la responsabilité civile délictuelle, c'est à dire l'article 1382 du Code civil. Ce texte prévoit que tout fait qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel ce dommage est arrivé à le réparer.

Or, en l'espèce, dommage il y a eu du fait du blocage des boîtes emails. Quant à la faute, on peut se demander si le tribunal n'a pas considéré qu'elle était constituée par l'intention malicieuse avérée de La droite libre. On rappellera que l'intention de nuire est une hypothèse souvent retenue par la jurisprudence pour engager la responsabilité civile des individus.

Plus généralement, l'affaire portée à la connaissance du Tribunal pose la question des nouvelles formes que peut prendre l'expression d'une opinion sur l'Internet. Car si le juge avait validé l'action de La droite libre en refusant de la condamner, on peut raisonnablement se demander si chaque grève n'aurait pas eu pour conséquence de voir se mettre en place un blocage systématique des boîtes aux lettres électroniques des syndicats. On imagine, avant chaque action, les firewalls mis en place !

Par ailleurs, une décision favorable à La droite libre aurait pu avoir une portée plus large en ayant des répercussions sur la manière dont les groupes d'opinion peuvent se comporter sur l'internet.

Reste que la condamnation intervenue en référé est discutable dans la mesure où l'appel à la manifestation électronique avait cessé. Par ailleurs, la question reste posée de savoir si l'action de La droite libre est réellement illicite tant au plan civil qu'au plan pénal. Le juge de première instance a tranché le débat… définitivement ?

Source: Journal du Net (03/06/2003)

 

Spam anti-syndical : les militants de l'UMP condamnés

Coup de frein à l'activisme en ligne ?

Le juge des référés du Tribunal de grande instance de Paris a condamné lundi 26 mai l'association la Droite libre, à la demande de plusieurs organisations syndicales, dont les boites mails avaient été bloquées par un envoi massif de courriers électroniques.

Après avoir entendu l'exposé des motifs lors de l'audience du 21 mai, le juge Louis-Marie Raingeard de la Blétière a donné raison, dans sa décision, aux plaignants : le Syndicat national des enseignements du second dégré (Snes), la Fédération syndicale unitaire (FSU), l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) et son secrétaire général, Alain Olive.

Des militants trop turbulents...

La Droite libre, un regroupement d'adhérents de l'Union pour un mouvement populaire (UMP et son président, Rachid Kaci, se sont vus enjoindre de cesser la publication de l'appel à la manifestation électronique, de publier l'ordonnance de référé sur leur site et de payer un total de 3600 euros à titre de provision sur dommages-intérêts et de remboursement de frais de justice.

En revanche, l'UMP, qui avait été citée à comparaître puisque son logo figure sur le site de la Droite libre, a été mise hors de cause. Elle dit aujourd'hui se réserver "le droit d'agir en contrefaçon" contre ses militants trop turbulents.

Pour le magistrat, l'action de la Droite libre a clairement privé les syndicats de l'usage des services de courrier électronique et "constitue dès lors un trouble manifestement illicite auquel il doit être mis fin". D'autant que, dans sa newsletter du 14 mai, la Droite libre affirmait "Ils bloquent la France, nous bloquons leur boite mail". Pour le juge, "cet objectif caractérise une intention malicieuse, l'action ne pouvant dès lors se prévaloir d'un exercice normal de la liberté d'expression tandis qu'elle n'est pas justifiée par une permission de la loi".

La décision du tribunal a sans doute été renforcée par le fait que, contrairement à ce qu'avançait l'avocat de la Droite libre, l'appel à la manifestation était toujours accessible sur le site.

... et coupables d'étourderie

"La partie adverse est allée chercher sur le site la page mémoire de notre newsletter du 14 mai. Une page rémanente que nous avions totalement oubliée, explique Arnaud Dassier, le secrétaire général de l'association, pourtant consultant de la société de webdesign l'Enchanteur. Ils ont ainsi montré qu'il y avait encore matière à poursuivre. Sinon, le référé tombait..."

Le militant de l'UMP s'estime néanmoins satisfait. "Sur le fond, ce jugement ne veut rien dire. Si nous n'avions pas commis d'imprudence technique, avec cette page rémanente, et sémantique, dans l'intitulé de notre opération, la décision aurait été différente, estime Arnaud Dassier. Surtout, je ne voudrais pas que cette affaire dissuade des gens de lancer ce genre d'opération. La décision du juge interdit une action visant explicitement à bloquer une boite mail, pas une campagne de manifestation électronique."

Suite à la décision, la Droite libre a déjà fait appel à la générosité des abonnés de sa newsletter, via une "Souscription nationale pour défendre les réformes".

"Il s'agit d'assumer collectivement notre action jusqu'au bout", explique Arnaud Dassier, qui jubile de voir l'association transformée "en martyre de la cause".

"Que cela ne se reproduise pas"

Les syndicats ont naturellement accueilli la décision du tribunal avec au moins autant de satisfaction. "Nous sommes très contents à plusieurs titres, indique Jean-Jacques Mornetas, trésorier adjoint du Snes. D'abord parce que cette action constituait une atteinte au droit d'expression syndicale et au droit de grève. Ensuite, pour internet, car cela pouvait créer un dangereux précédent. Dans le contexte actuel de mouvement social, il était important que ce genre de choses ne se reproduise pas."

Le syndicat enseignant n'entend pas donner à l'affaire une suite judiciaire sur le fond, car "le principe nous suffit", explique le responsable interrogé par Transfert.

Ce n'est vraisemblablement pas le cas de Force ouvrière. La confédération de Marc Blondel envisage de déposer une plainte au pénal pour blocage de système de traitement automatisé des données.

Reste à savoir si le jugement en référé du TGI de Paris constitue un dangereux précédent susceptible de limiter la liberté d'expression sur le net.

"C'est une ordonnance sans surprise puisqu'il s'agissait clairement d'un délit dont l'objectif était annoncé sur le site, estime Olivier Iteanu, avocat spécialisé dans le droit des nouvelles technologies. Le meilleur régulateur du réseau, c'est le juge. C'est lui le garant des droits de la défense. Lorsqu'il prend une décision, il rappelle l'ordre démocratique. Le plus ahurissant, c'est qu'une organisation politique se soit lancée dans une telle opération. Un parti doit avoir le respect des autres et agir dans le cadre légal. Si à chaque conflit social, cela se passait ainsi, les syndicats ne pourraient plus fonctionner. Avec 100 personnes, on pourrait tout bloquer."

Source: Transfert (27/05/2003)

 

La justice condamne l'action de la "Droite Libre"

A l'origine d'une attaque électronique contre les serveurs e-mail des principaux syndicats, la droite libre a été condamnée en référé

La politique.com ? Après avoir appelé les internautes à bombarder d'e-mails les serveurs web des principaux syndicats français pour en altérer le fonctionnement, l'association 'La Droite Libre', proche de l'UMP, dirigée par Rachid KACI, a été condamnée.

En effet, suite aux plaintes du SNES, de la FSU et de l'UNSA, le tribunal de grande instance de Paris a condamné en référé l'association à verser 3600 euros aux trois syndicats. Evoquant une "intention malicieuse", le juge du TGI a donc estimé que l'association était sortie du cadre de la liberté d'expression.

Mi-mai, l'association expliquait dans un communiqué que : "des millions de Français sont restés bloqués des heures dans les embouteillages ou dans les transports en commun, parce que des fonctionnaires de la RATP et de la SNCF [...] ont décidé de poursuivre leur grève sans préavis. Ils ont pris les Français qui travaillent par surprise.[...] Ils bloquent la France, nous bloquons leur boîte e-mail ! ".

Cette condamnation ne devrait toutefois pas décourager les militants pro-gouvernementaux, qui multiplient, depuis plusieurs jours, les chaînes d'e-mails visant à décridibiliser les arguments des syndicats. Internet sera t'il le nouveau champs d'expression de la démocratie ?

Source: NetEconomie (27/05/2003)

 

Spam politique: la Droite libre condamnée en référé

Les syndicats Snes, Unsa et FSU ont obtenu gain de cause contre le mouvement la Droite libre, qui avait appelé au blocage de leurs boîtes e-mail. Il est condamné à payer 3600 euros pour avoir causé «un trouble manifestement illicite».

L'opération «Bloquons les e-mails des syndicats», lancée par un courant minoritaire du parti de la majorité (UMP) s'est finalement retourner contre ses instigateurs. Le tribunal de grande instance de Paris a condamné, ce mardi 26 mai, en référé l'association la Droite libre à verser 3600 euros aux trois syndicats plaignants.

Le Syndicat national des enseignements de second degré (Snes), la Fédération syndicale unitaire (FSU) et l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) avaient entamé le 23 mai une procédure d'urgence devant le TGI de Paris, suite à l'envoi massif de messages électroniques dans les boîtes au lettres de leurs principaux responsables syndicaux, à l'appel de la Droite libre. Cette association, dans la mouvance de l'UMP, avait lancé cette initiative pour protester contre les grèves qui ont paralysé les transports et les écoles la semaine dernière.

Le blocage des messageries «caractérise une intention malicieuse», a conclu le juge selon l'ordonnance de référé. L'action ne pouvait «se prévaloir d'un exercice normal de la liberté d'expression (...) La Droite libre [a privé] les demandeurs de l'usage des services de courrier électronique dont [les syndicats] ont une possession légitime», poursuit le juge. Cela «constitue dès lors un trouble manifestement illicite auquel il doit être mis fin».

Pas de décision sur une éventuelle procédure sur le fond

Le juge enjoint l'association de cesser son opération. Cette dernière avait déjà décidé, le 21 mai, de suspendre son appel au blocage.

«Il s'agit d'un jugement équitable qui permettra d'éviter ce type de débordements, portant atteinte à l'exercice du droit syndical», a déclaré à ZDNet Jacques Bory, trésorier national de l'Unsa. «Le juge a confirmé comme nous le pensions que cette opération n'avait rien à voir avec la liberté d'expression, mais qu'elle était une tentative caractérisée pour bloquer le fonctionnement des syndicats», estime pour sa part Luc Muller, secrétaire national du Snes et porte-parole du FSU sur ce dossier.

Rachid Kaci, responsable de la Droite libre rappelle qu'il s'agissait «d'une opération exceptionnelle pour des circonstances exceptionnelles». Quant au paiement: «Nous n'avons pas de moyens et allons donc demander une souscription à nos sympathisants», explique-t-il.

Interrogé par ZDNet sur une éventuelle procédure sur le fond, Luc Muller, du Snes, nous a précisé pour sa part: «Nous envisageons cette possibilité mais sommes encore en cours de réflexion sur ce point.»

Source: ZDNet (26/05/2003)

 

La "manifestation électronique" de La droite libre déclenche une action en justice

"Ils bloquent la France, nous bloquons leur boite mail !". C'est le mot d'ordre qu'a lancé la semaine dernière sur Internet La droite libre, un courant proche de l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Pour protester contre les diverses grèves en cours, ce mouvement de droite "décomplexé" (c'est son slogan) a initié une opération d'envoi massif de messages électroniques à partir d'un modèle donné vers une quarantaine d'adresses mail d'organisations et de responsables syndicaux (FO, CGT, SUD-Rail...).

Une action de "e-commando" que trois syndicats d'enseignants n'ont pas appréciée, affirmant que l'afflux de mails non sollicités a entrainé un blocage de leurs serveurs de messagerie. Luc Muller, responsable télématique du Syndicat nationale des enseignements de second degré (Snes), évalue à 60.000 le nombre de mails reçus sur plusieurs boîtes publiques de secrétaires généraux de son organisation. "Nous continuons d'en recevoir 4.500 à 5.500 nouveaux chaque jour", avance-t-il.

Le 20 mai, le SNES, la Fédération syndicale unitaire (FSU) et l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) ont assigné en référé La droite libre et son président Rachid Kaci sur deux motifs : "délit d’attente aux systèmes automatisés de données" (sur le fondement de l'article 323-2 du code pénal), ainsi qu'"entrave caractérisée aux libertés syndicales et au droit de grève". L'audience en référé s'est tenue mercredi après-midi au tribunal de grande instance de Paris. Après une heure de débat, le juge des référés a repoussé sa délibération à lundi 26 mai. L'affaire pourrait aboutir à une plainte au fond.

La droite libre entend défendre le "droit de pétition et d'expression des Français" à travers cette "manifestation électronique lancée dans une optique citoyenne et militante". "Nous reconnaissons avoir lancé un nouveau concept de pétition en ligne le 13 et 14 mai dernier, explique Arnaud Dassier, secrétaire général de La droite libre (qui est par ailleurs un professionnel de l'Internet). Mais, ensuite, il s'est développé par propagation virale", poursuit-il. En face, le SNES dénonce une opération de spam massif et réfûte l'argument selon lequel cet appel concernait les Français dans leur grande majorité.

Si les adhérents de la Droite Libre disposent d'une carte d'adhérent UMP, leur mouvance n'est pas pour autant reconnue officiellement par la direction du parti ("La droite libre, peut-on lire sur le site de cette dernière, est une association qui a vocation à devenir un mouvement de plein droit de l'UMP après le congrès constitutif prévu à l'automne 2003, si les militants en décident ainsi"). A l'occasion de l'élection pour la présidence de l'UMP, Rachid Kaci s'était présenté face à Alain Juppé. Et un logo officiel de l'UMP apparaît sur la la page d'accueil du site de La droite libre.

La "manifestation électronique" de soutien aux réformes du gouvernement Raffarin n'a pas pour autant plu à la direction de l'UMP, mais contacté par le JDN, son service de presse n'a pas souhaité répondre à nos questions. Sur son propre site, l'UMP se contente de proposer une pétition en ligne intitulée "Vous êtes attachés à l'Ecole de la République. Refusez le boycott de ses examens !" et de diffuser cet appel par newsletter.

Marc Blondel s'estime "débordé" (par les mails)

Le secrétaire général de Force ouvrière, Marc Blondel, s'était lui aussi plaint le 14 mai de l'afflux de courriers électronique reçus par son syndicat. Ils émanent, selon lui, de militants UMP et ils "bloquent" sa boîte de réception. Mercredi 21, il a carrément accusé l'UMP d'avoir inondé le syndicat de courriers électroniques. "Une organisation politique a jugé utile d'essayer de mettre en échec le fonctionnement d'une organisation syndicale", s'est-il plaint lors d'une conférence de presse. Le secrétaire général de FO indique avoir reçu 220.000 messages au total.

Source: Journal du Net (22/05/2003)

 

Un courant de l'UMP appelle à bombarder d'e-mails les principaux syndicats

L'opération menée par la Droite libre, un courant radical de l'UMP, pourrait tomber sous le coup de la loi: elle incite ses sympathisants au "spam" politique en direction des syndicats les plus favorables à la grève. CFDT et CGC sont épargnés.

«Ils bloquent la France, nous bloquons leur boîte mail!» Dans une lettre électronique datée du 14 mai, l'association la Droite libre se réjouit du succès de sa dernière action, lancée la veille: inonder les boîtes e-mails des principaux syndicats, avec un message standard pour dénoncer les grèves et leur attitude dans le dossier des retraites.

Ce groupuscule a été créé en novembre 2002 par Rachid Kaci, un militant de droite qui fut candidat à la présidence de l'UMP face à Alain Juppé. L'UMP, le parti de la "majorité présidentielle" monté par le candidat Chirac pendant les élections présidentielles, et rebaptisé "Union pour un mouvement populaire" après son élection. Le mouvement de Kaci milite aujourd'hui pour «une droite décomplexée» qui assume «fièrement ses convictions et ses valeurs». Officiellement reconnu par le parti, il espère en devenir un courant à part entière lors du prochain congrès de l'UMP à l'automne 2003.

«Il s'agit d'une opération de soutien au gouvernement Raffarin et une façon de protester contre l'action des syndicats», déclare le fondateur du mouvement à ZDNet. «Ils ont peut-être le monopole des transports, mais ils n'ont pas le monopole de l'action militante et du blocage», pouvait-on lire dans la lettre du 14 mai envoyée, dit-il, à environ 80000 sympathisants.

La boîte personnelle de Marc Blondel bloquée

La Droite libre a récolté les adresses e-mails de syndicalistes publiés sur leurs sites internet. Sont concernés ceux de Force ouvrière (FO), de la Confédération générale du travail (CGT), de SUD-Rail et des principaux syndicats d'enseignants, qu'elle publie sur son site. Concernés à moitié: les organisations CFDT et CGC, qui ont réussi à plaider "non coupable" auprès du parti de Kaci qui les a aussitôt retiré de la liste des syndicats à "bombarder"...

L'association politique demande à ses partisans de copier-coller les adresses de syndicalistes dans un e-mail, et d'y joindre un texte standard leur reprochant «d'avoir choisi l'épreuve de force», et leur demandant «d'adopter une position plus responsable».

«Nous ne disposons pas d'un serveur unique qui envoie massivement les courriers, il s'agit d'initiatives personnelles [de nos sympathisants], il est donc impossible de quantifier le nombre de courriers envoyés», ajoute Arnaud Dassier, secrétaire général de l'association. «Mais la propagation virale de notre message est très forte, si bien que plusieurs centaines de milliers messages ont dû être expédiés».

Marc Blondel, délégué général de FO a fait part dès hier soir de son irritation devant cet afflux de courriers non sollicités. «FO a un blocage de mails parce que des gens de l'UMP nous écrivent, en disant que nous n'y comprenons rien», a-t-il déclaré à l'AFP. Contacté par ZDNet, le syndicat confirme avoir reçu «des milliers d'e-mails» depuis deux jours. «Cela a causé de nombreux désagréments dans notre système et bloqué la boîte personnelle de Marc Blondel», confirme une responsable technique. Aucune réplique du même ordre n'est cependant envisagée. «Nous avons installé des filtres par mot-clé, et nous avons saisi notre avocat», explique-t-elle.

Trois ans de prison, 45000 euros d'amende

À la CGT, l'action de la Droite libre est prise comme un aimable divertissement. «Nous avons reçu environ 2000 e-mails depuis hier», affirme Danièle Garnier, responsable de la communication. «Il faut bien qu'ils s'amusent, et nous, ça nous divertit», rigole-t-elle. Et d'ajouter qu'elle a même pris contact avec une des expéditrices, dont l'adresse montrait qu'elle travaille au sein du ministère de l'Intérieur. «Nous avons [aussi] installé des filtres», conclut-elle, en reconnaissant qu'une partie du système avait quand même été «détraqué».

Reste la question de la légalité d'une telle action. «Tout est question de sémantique», explique Olivier Iteanu, avocat au barreau de Paris et président de l'association Isoc France. «Si l'objectif avoué est de bloquer les e-mails, il s'agit d'une entrave au fonctionnement d'un système de traitement automatique de données (article 323-2 du code pénal)». Un délit pénal dont les sanctions vont jusqu'à trois ans de prison et 45000 euros d'amende.

Source: ZDNet (15/05/2003)

 

Appel à saturer le courriel de José Maria Aznar


Un appel à "bombarder" vendredi de messages pacifistes le courriel du chef du gouvernement José Maria Aznar a été lancé par une organisation d'artistes espagnols opposés à la guerre en Irak, a-t-on appris jeudi auprès du Parti socialiste espagnol, qui soutient l'initiative.

L'opération dite "action civico-informatique", consiste à "bombarder" jusqu'à saturation l'adresse électronique du chef du gouvernement (jmaznaràpresidencia.gob.es) de messages refusant la participation de l'Espagne à une offensive militaire contre l'Irak.

L'initiative fait partie d'un programme d'action de la plateforme "Cultura contra la guerra", qui regroupe des personnalités du monde de la culture soutenues par de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives et qui organise également des manifestations et des campagnes de pétitions.

Source: AFP (06/03/2003)